UTMB 2025 – Tom Evans vous salue bien !

UTMB 2025

Lizzy Hawker et Jezz Bragg ont trouvé leur successeur au palmarès de l’UTMB : il s’agit de Tom Evans, vainqueur aujourd’hui de la grande boucle autour du Mont Blanc en 19h18 :58. Il a devancé l’Américain Ben Dhiman, et son compatriote Josh Wade. Thibaut Garrivier, 5e, termine premier Français.

Par Luc Beurnaux – Photos UTMB

Jezz Brag a désormais un successeur. 15 ans après, le drapeau du Royaume Uni a flotté de nouveau dans les airs de Chamonix. On peut même considérer que Tom Evans, vainqueur aujourd’hui en 19h18 :58, est le premier athlète britannique homme à figurer au palmarès, puisque en 2010, l’édition avait été très largement amputée (100km seulement).

C’est, comme souvent en matière d’ultra, une histoire d’abnégation qui a mené Tom Evans à sa victoire. Vainqueur en 2018 de la CCC, Evans avait terminé 3e en 2022 de la distance reine, avant d’être contraint à l’abandon ces deux dernières années. De quoi entamer sa confiance avant de remettre une nouvelle fois le couvert sur cette édition 2025.

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Partis sous un ciel menaçant hier soir à 17h45, les 2300 participants ont passé une nuit d’enfer. Des trombes d’eau se sont déversées sur eux très tôt, et plus le peloton montait en altitude, plus les conditions empiraient, au point de croiser la grêle, le vent, puis la neige dans le Grand Col ferret.

Des conditions hivernales

Dans ces conditions, Tom Evans et Ben Dhiman, dans le trio de tête au sortir de Courmayeur, s’entraidaient, unis sous la même bannière de leur équipementier Asics. Chacun prenait régulièrement des nouvelles de l’autre, notamment lorsque le froid s’est intensifié ou que la pluie redoublait. « Pour être un vrai coureur de trail, il faut avoir une grosse boîte à outils, avec plein de bons outils dedans » image Evans. « Et cette année, à l’UTMB, tu avais besoin de tout pour pouvoir courir vite, marcher dans la boue, affronter la neige » analysera le futur vainqueur.

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Et le duo de se disloquer à la faveur de la montée vers le Grand Col Ferret, et d’une attaque du Britannique.  « Je ne l’ai pas fait délibérément, c’est arrivé sur la descente vers Arnouvaz. J’ai quitté Arnouvaz au moment où Ben arrivait. Je me suis dit « OK, peut-être que c’est le moment » ; je n’ai pas attaqué, mais j’ai poussé un peu plus fort pendant 10-15 minutes et j’ai mis un peu de temps à Ben, là. Puis après quelques minutes, je me suis dit « OK, réduisons un peu le rythme », mais en gardant un rythme de course. Et là, j’ai créé un écart et j’ai décidé de vraiment accélérer. La stratégie de pacing était alors mise de côté, c’était le moment de tenter de gagner la course » expliquera Evans.

Durant sa préparation Evans a expliqué avoir travaillé les fractionnés longs en montée, depuis la vallée de Chamonix jusqu’au Brévent. Muni d’un sac alourdi, le Britannique a enchaîné les ascensions et les redescentes. « Je faisais une montée avec un sac lourd à un rythme rapide, puis je redescendais, cachais le sac sous un arbre, et remontait à un autre rythme, mais sans le sac. Et je pense que ça m’a été utile aujourd’hui ».

Des bouchons dans les oreilles…

Tout comme le travail avec un psychologue pour mieux aborder la nuit et ses tracas. « On a travaillé avec mon psychologue – qui est aussi neuroscientifique – le bruit fort et les lumières clignotantes ; quand tu passes dans la phase nocturne, ces éléments perturbent vraiment ton rythme circadien et ta relaxation. Dans la montée de Notre Dame de la Gorge, je portais de gros bouchons d’oreilles pour ne pas avoir de pics dans mon rythme cardiaque, et ça a fait une énorme différence. Je n’ai pas beaucoup aimé ça, mais c’était pour la bonne cause » dévoila le Britannique. C’est seulement arrivé à Vallorcine, en plein jour, que le futur vainqueur a pu profiter des bruits de la foule.

Jusque-là, jamais le Britannique n’a semblé baisser de rythme sur un parcours amputé de la montée vers les Pyramides Calcaires à cause des mauvaises conditions météo, et privée rapidement de François D’Haene en lice pour une 5e victoire historique mais contraint à l’abandon au Lac Comabl, victime d’une douleur trop vive à la hanche. Idem pour Jean Philippe Tschumi, hors jeu après seulement deux heures de course (il était visiblement blesssé au départ mais a voulu quand même tenter le coup), Jon Albon, un autre Britannique, contraint à l’abandon à Champex (genou) après avoir mené la course, ou Germain Grangier…

Abandonner, ce n’est pas échouer…

Des abandons dont les deux premiers de cette édition ont donc réussi à surmonter, à force de volonté e de travail. « Je pense que c’est la preuve qu’on ne peut pas échouer, mais juste apprendre de ses erreurs, ça peut prendre une fois, deux fois, mais ouais, je suis incroyablement fier d’avoir appris de mes erreurs et d’avoir fait une super course, en gagnant la plus grande et la plus belle course de trail au monde » dira Evans.

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Ben Dhiman

Ben Dhiman, l’ancien footeux de Cincinnati, établi désormais dans les Pyrénées, 2e derrière Evans, fera la même analyse : « J’ai commencé une nouvelle histoire aujourd’hui avec cette course, après deux grosses désillusions. J’ai fait avec l’énergie disponible depuis hier ; là, je suis cuit, mais c’est un jour que je n’oublierai jamais ».

«  C’est juste la course la plus incroyable et je pense que j’ai eu de la chance avec un temps très britannique : de la neige, de la pluie, puis un peu de chaleur à la fin, un peu de tout » poursuivra Evans. « C’était une journée spectaculaire où les montagnes ont tout donné, et les montagnes gagneront toujours. Il faut juste prendre soin de soi et voir qui peut faire le tour le plus vite. » dira le Britannique. « À l’intérieur de moi, il y avait le nom de ma femme (une triathlète olympique NDR) et de mon bébé. Je pense que courir pour l’équipe, le sport, et sans le soutien de ma femme, ça a juste ajouté tellement de valeur à nos vies. Et dans les moments difficiles, c’est à eux que je pensais, c’est pour eux que je courais. Je ne leur ai consacré que 30 secondes durant ma préparation, donc j’aimerais leur rendre hommage et leur dire merci ».

Evans dira aussi avoir appris la patience, mère de tous les succès selon lui. « Il faut vraiment accepter la course en elle-même, pouvoir un peu se détendre et ne pas trop forcer pendant la course. Je pense que si tu pousses trop tôt, trop fort, tu ne vas pas réussir la course que tu veux. La clé, c’est la patience, et avoir la confiance nécessaire pour être patient. C’est la chose la plus importante selon moi. »

Une surprise nommée Wade

Josh Wade (GBR), lui, est la traditionnelle surprise qui survient à chaque UTMB. 11e l’an dernier, le coureur du Team The North Face a semblé euphorique tout du long, prenant la une 3e place, en lieux et place des ténors attendus. Jusque-là, le Britannique s’était fait remarquer par une 3e place sur la TransGranCanaria 2025, ou une 3e place sur l’Eiger Ultra Trail 2023. Thibaut Garrivier a sigén un beau retour sur la classique montblanaises réalisant sa meilleure performance à Chamonix. Sa persévérance est récompensée par une 5e place, et la première place honorifique de premier Français. Juste devant l’imperturbable Ludo Pommeret, 6e !

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Josh Wade

Le crime de lèse-majesté de Croft

Chez les filles, Ruth Croft a offert à l’Océanie sa première victoire sur la course phare de la semaine UTMB. Après sa double victoire sur l’OCC (2018 et 2019), sa victoire sur la CCC (2015), et cette victoire sur l’UTMB, elle se rapproche de Xavier Thévenard, seul athlète à avoir remporté les 4 courses principales de l’UTMB. Quid de la TDS qui manque donc au palmarès de la Néo-Zélandaise ? « C’est trop tôt pour répondre, dira Croft sur la ligne d’arrivée. » Ce que je vois surtout, c’est que j’ai mis 10 ans à construire cette victoire d’aujourd’hui ».

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Ruth Croft

On a assisté à un crime de lèse-majesté sur cette course féminine, l’ultra ultra-favorite Courtney Dauwalter étant battue pour la première fois à Chamonix. Cédant le lead dans la descente vers Trient, l’Américaine ne cessa de céder du terrain et de dégringoler dans la hiérarchie. Sa coéquipière du team Salomon, Camille Bruyas, effectuera le mouvement inverse, accompagnée de Ruth Croft. « Quand on a rejoint Courtney, on en a remis une couche pour la distancer » expliqua la kiné française et prof de yoga. « Ca m’a peut-être joué des tours par la suite, mais je ne regrette rien, on a offert un beau visage du sport féminin aujourd’hui, avec cette bataille constante », dira la Française, décidément abonnée aux 2e places (déjà à cette place en 2021) ! Le podium est complété par l’Allemande Katharina Hartmuth.

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Camille Bruyas

Maëlle Deruaz (FRA) termine à une incroyable 5e place. Venue du triathlon Ironman (elle a gagné le classement scratch groupe d’âge aux Mondiaux Ironman de Hawaii en 2023), la boss de la finance a basculé ensuite sur le trail, et avec quel succès !

Top 5 garçons

1 Tom Evans (GBR) 19h18 :58

2 Ben Dhiman (USA) 19h51 :37

3 Josh Wade (GBR) 20h05 :06

4 Ji Duo (CHI) 20h15 :05

5 Thibaut Garrivier (FRA) 20h20 :25

Top 5 filles

1 Ruth Croft (NZ) 22 h 56 :23 

2 Camille Bruyas (FRA) 23h28 :48

3 Katharina HARTMUTH 24:16:39

4 Anna Carlson (SUE) 24:39:42

5 Maëlle Deruaz (FRA) 24:43:02

aout, 2025

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