Dix trailers intégrés aux groupes de localisation de l’AFLD

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Depuis début novembre, 10 trailers et traileuses français de premier plan, choisis par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), ont intégré soit le Groupe Cible de l’instance (pour 3 d’entre eux), soit le groupe contrôle (pour les 7 autres).

Par Luc Beurnaux

C’est Mathieu Blanchard, qui le premier, a délivré l’info sur ses réseaux sociaux, saluant l’initiative. Bientôt imité par Thibaut Baronian qui se réjouissait lui-aussi « que cela avance dans le bon sens » même s’il regrettait « ne pas avoir été contrôlé une seule fois cette année ». Parmi ces 10, Thomas Cardin, Germain Grangier, Benat Marmissolle, Clémentine Geoffray, Marion Delespierre et François d’Haene, Loic Robert, nous ont confirmé leur présence dans l’un de ces groupes.

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Guillaume Zekri, coordonnateur antidopage senior des contrôles de l’instance nous explique ici la genèse et le fonctionnement de ce groupe, soumis à des obligations de localisation, via l’outil de gestion des opérations antidopage ADAMS.

Guillaume, rappelez-nous d’abord le rôle de l’AFLD ?

L’Agence est une autorité publique indépendante, chargée de définir et mettre en œuvre au niveau national les actions de lutte contre le dopage. Le département des contrôles de l’AFLD effectue une étude des risques de dopage, détermine les sportifs à suivre en priorité et met en œuvre une stratégie de contrôle. Cette étude se base sur plusieurs critères (facteurs physiques et physiologiques, historique du dopage, impact médiatique, enjeux financiers, renseignements…). Selon les volumes estimés de cette étude et les nombres d’échantillons à répartir, les coordonnateurs antidopage sont chargés d’identifier les athlètes les plus exposés aux risques de dopage.

Pourquoi avoir constitué un groupe de contrôle de trailers ?

Le trail n’est pas une discipline nouvelle en soi ; on teste des trailers depuis de nombreuses années, en compétition, mais sans les soumettre, jusque-là, à une obligation de localisation. Or ces groupes de contrôle permettent de localiser précisément les athlètes en question pour diligenter d’éventuels contrôles inopinés. Selon l’article L232-15 du code du sport, ces athlètes doivent répondre à l’un ou l’autre des critères pour être éligibles :

– être inscrit sur une liste de sportif de haut niveau du Ministère

– avoir un statut professionnel

– avoir déjà été suspendu

Depuis, d’autres critères ont été ajoutés :

  • Etre un sportif de niveau national (niveau défini par délibération de l’AFLD)
  • Exercer son activité à titre professionnel.

Et ce dernier point concerne pas mal de trailers, qui vivent de leur pratique du trail. Si bien qu’on est désormais autorisé à inclure les trailers dans un groupe de contrôle. Evidemment, on ne peut pas inclure tous les sportifs répondant aux critères.

Quelle est la différence entre un groupe de contrôle et un groupe cible, et quel est le but de l’établissement de tels groupes ?

Ces obligations de localisation facilitent la mise en place des contrôles hors compétition. Les athlètes doivent transmettre une adresse postale complète ainsi qu’une adresse électronique. Pour charque jour du trimestre à venir, l’adresse complète du lieu où le sportif passe la nuit, un créneau horaire d’une heure, entre 6h et 23h (pour les sportifs du Groupe Cible), des informations concernant ses activités régulières et son programme de compétition.

Dans le groupe de contrôle, il y a moins d’obligations.

Les sportifs du Groupe de Contrôle n’ont pas l’obligation de déclarer un créneau horaire d’une heure. La principale différence concerne les manquements à ces obligations. Un sportif du Groupe Cible s’expose à une sanction disciplinaire en cas de non-respect de ces obligations (l’athlète encoure une sanction de principe de 2 ans de suspension s’il cumule 3 manquements sur une période de 12 mois).

La conséquence d’un manquement à ces obligations  pour un membre d’un groupe de contrôle sera d’être inclus alors dans le groupe cible.

Le but de ce groupe de contrôle est donc de pouvoir suivre les sportifs, de savoir quels sont leurs objectifs, de connaître leurs périodes d’entraînement, de stages, et de pouvoir mettre en place des tests inopinés.

Comment s’est fait le tri pour sélectionner les 10 trailers ?

On a suivi la discipline, les résultats des compétitions, l’exposition de chacun, les perfs de chacun, on s’est renseigné sur les athlètes, etc… Après, on a dû faire des choix, car on n’a pas les moyens de mettre 100 trailers en suivi. Mais une liste n’est jamais définitive. Un athlète y est inclus a minima pour une période de 12 mois. Il peut en sortir selon les circonstances, ou on peut aussi le prolonger, et en inclure d’autres si cela semble pertinent. Globalement, il faut retenir que c’est une initiative qui permettra d’avoir plus confiance dans le trail… et ce n’est pas impossible qu’on ait plus d’athlètes concernés dans un avenir proche.

Pourquoi avoir choisi ce calendrier-là ?

Pour diverses raison… Parce que les enjeux grandissent dans le milieu du trail, tout comme la popularité de la discipline, et aussi parce l’évolution des textes officiels nous ont permis en cours d’année d’inclure des trailers. L’idée est de pouvoir démarrer sur l’année 2024 avec des listes consolidées, dans chacune des disciplines, dont le trail.

Comment éviter que les athlètes de ce groupe ne soient vu comme « suspects » ?

Pour éviter ça, il faut expliquer que ces sportifs, a priori, dans leur immense majorité, ne sont pas suspects. L’AFLD a une obligation de tester les sportifs hors compétition, notamment. Et pour faciliter ces tests hors-compétition, on doit pouvoir localiser les athlètes. Un trailer s’entraîne sur des lieux différents, à des horaires différents, etc… Donc sans info de localisation, difficile de mettre en place ces tests. Et cela sert aussi à renforcer la confiance des sportifs dans un sport sans dopage, protéger l’intégrité des athlètes, l’équité des compétitions, et globalement à protéger la discipline du dopage.

Comment cela a été accueilli par les intéressés ?

Plutôt bien ! J’en ai eu quelques-uns au téléphone, pour les accompagner dans l’utilisation de l’outil ADAMS, notamment lors de la première connexion… Certains sont même venus vers nous pour demander à être intégré au groupe, manière de dire : « moi aussi je veux montrer que je joue le jeu ». Mais ce n’est pas l’athlète qui décide de l’intégration ou non……

Est-ce que la constitution de ce groupe impliquera davantage de contrôles inopinés ?

Je ne vais pas dévoiler notre stratégie, mais ça veut sans doute dire qu’on aura plus de facilités pour organiser des tests hors compétition pour ces athlètes là, mais aussi pour d’autres athlètes d’un team éventuel, puisqu’on sait que les trailers font souvent des stages collectifs… Si on va tester un athlète du groupe de contrôle, on peut aussi en profiter pour tester ses équipiers du team s’ils sont sur le même site…

avril, 2024

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